L’emploi s'effondre au 4ème trimestre 2015
La 61ème édition du Baromètre des TPE, l’enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’IFOP pour le compte de Fiducial auprès des Très Petites Entreprises dresse le bilan d’une année 2015 difficile. Et 2016 débute dans un climat de morosité avec l’ensemble des indicateurs économiques qui replongent. Dans cette ambiance teintée de pessimisme, les mesures gouvernementales en faveur de l’emploi peinent toujours à convaincre. Pendant ce temps, Alain Juppé s’impose largement comme le candidat favori des chefs d’entreprise.
Situation catastrophique pour l’emploi au 4e trimestre. La création nette d’emplois* s’effondre à -3,5 sur la période octobre-décembre, le deuxième score le plus mauvais depuis 15 ans derrière le
4ème trimestre 2012 (-4). Les secteurs de l’hôtellerie (-7), de l’industrie (-7) et des services aux particuliers (-6) sont plus gravement touchés. Celui du commerce s’en sort un peu mieux (+2) ainsi que les entreprises de plus de 5 salariés (+6).
Jean-Marc Jaumouillé, Directeur des techniques professionnelles de Fiducial, dresse le bilan de l’année 2015 : « En synthèse, sur l’année 2015, les TPE ont détruit des emplois. Les effectifs des entreprises employant du personnel au 31 décembre sont à l’équilibre, les créations compensant les suppressions. Mais cette situation est notoirement insuffisante pour couvrir les suppressions d’emplois des entreprises devenues en 2015 sans salarié (9 %), et on l’oublie trop souvent, des entreprises qui ont disparu (dépôt de bilan, cessation volontaire ou involontaire de l’activité) ».
Pour le second trimestre consécutif, l’indicateur de situation financière** rechute de -4 points pour se situer à -21. Dans ce contexte :
Les prévisions pour 2016, ne sont guère réjouissantes. 12 % des employeurs prévoient d’augmenter leurs effectifs contre 11 % qui envisagent de les réduire au regard de leurs perspectives de développement actuelles. Ces dernières étant très obscures : 50 % des patrons n’ont à ce jour aucune visibilité sur les perspectives de croissance de leur activité, 28 % envisagent une croissance et 21 % une récession.
En plein débat sur le projet de loi El Khomri sur la réforme du Code travail, le plan de relance de l’emploi annoncé le 18 janvier dernier par François Hollande n’a pas réussi à convaincre les chefs d’entreprise. Ils sont 60 % à penser qu’il ne permettra pas d’infléchir la courbe du chômage, contre 5 % qu’il aura un effet bénéfique dès 2016. Dans le détail, les mesures rencontrent une adhésion variable.
Seuls le développement et la valorisation de l’apprentissage, avec un statut et une rémunération davantage liés aux compétences qu’à l’âge, trouvent grâce aux yeux d’une majorité d’entrepreneurs avec 62 % d’avis positifs.
Et l’une des mesures les plus médiatisées par l’exécutif, la prime à l’embauche de 2 000 euros par an pour les salaires inférieurs à 1,3 SMIC, essuie un camouflet avec uniquement 22 % des petits patrons qui la jugent efficace.
Le remplacement du CICE par une baisse des cotisations reçoit un accueil mitigé (54 %) ainsi que le plafonnement des indemnités prud’homales (43 %).
Jean-Marc Jaumouillé, Directeur des techniques professionnelles de Fiducial, précise : « Alors que la prime à l’embauche rend nulles les charges sociales sur un salaire au SMIC et qu’elle les réduit à 20 % pour un salaire à 1 900 euros, elle aurait une influence marginale chez les patrons sur la décision d’embauche : 8 % une influence déterminante ou importante, 21 % une influence secondaire, et 71 % aucune influence ».
L’allègement du système des qualifications obligatoires des artisans (à l’exemple des coiffeurs) pour pouvoir exercer subit un tollé, 64 % des patrons s’y opposant.
A ce stade des primaires organisées par Les Républicains, la mobilisation des chefs d’entreprise n’est pas à son comble. Seuls 12 % déclarent avoir l’intention d’y participer (18 % pour l’ensemble des Français). Pour ceux qui se déplaceraient, le résultat serait assez tranché. Alain Juppé arriverait en tête au premier tour avec 40 % des suffrages suivi de Nicolas Sarkozy (35 %), François Fillon (11 %), Bruno Lemaire (9 %) et Nathalie Kosciusko-Morizet (5 %). Les autres candidats, même Frédéric Lefebvre pourtant ancien Secrétaire d’état en charge des TPE, ne recueilleraient aucune intention de vote.
En cas de second tour, dans l’hypothèse d’un duel Juppé – Sarkozy, le maire de Bordeaux raflerait la mise avec 63 % des suffrages contre 37 % ; il absorberait l’ensemble des reports de voix.
Et si des primaires avaient lieu à gauche (souhaitées par 57 % des dirigeants), Emmanuel Macron raflerait 44 % des voix, loin devant Manuel Valls (17 %) et les représentants de l’aile gauche du PS (Benoit Hamon et Arnaud Montebourg tous deux à 6 %). François Hollande arriverait bon dernier du peloton avec seulement 4 % d’intention de vote.
* création nette d’emplois : différence entre les créations et les suppressions de postes.
** indicateur de situation financière : % des TPE constatant une amélioration de leur situation financière par différence au % de celles enregistrant une dégradation.
Échantillon de 1 002 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs), raisonné sur les critères secteur d’activité de l’entreprise, taille de l’entreprise, région d’implantation de l’entreprise et interrogé par téléphone du 28 janvier au 15 février 2016. Des résultats nationaux représentatifs : redressement selon les données INSEE pour la meilleure représentativité de cette composante du tissu économique français.
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L’optimisme pour le climat général des affaires : • Juillet 2012 : 25 % | Indicateur de situation financière par rapport aux 3 derniers mois (% amélioration - % dégradation) : |
L’optimisme pour leur activité : | Evolution des créations nettes d’emplois : |
La confiance dans les actions du Gouvernement (% de bonne opinion) : | Evolution des embauches réalisées • 2e trimestre 2012 : 10 % |
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